Solidement ancrée dans le Béarn, Billère a un lien très étroit avec la langue occitane. La Médiathèque d’Este a longtemps abrité l’InOc (Institut Occitan), et la commune mène de nombreuses actions en faveur de la “lenga nosta”. Ses panneaux d’entrées de ville sont rédigés en français et en Béarnais, la signalétique dans ses bâtiments publics est également bilingue, un article de ce magazine est systématiquement traduit…
Pour aller un peu plus loin dans ce désir de promouvoir la pratique de la langue de chez nous, Julien Bayssac, Conseiller municipal délégué aux langues et patrimoine régionaux, a eu l’idée d’implanter des totems informatifs devant 12 lieux emblématiques de Billère. Un projet qu’il a mené en collaboration avec Julien Ochem, adjoint à la culture.
La visite en 12 points
En 1856, dans le petit village de Billère, qui comptait alors 680 habitants, principalement des paysans, un événement marquant pour l’histoire du sport en Europe se produisit : la création du Pau Golf Club. Ce Club, fondé par des officiers écossais de l’armée de Wellington, notamment les colonels Hutchinson et Anstruther, le major Pontifex et l’archidiacre Sapte, est reconnu comme le premier golf européen. Le contexte historique est important, car Pau était déjà une destination prisée par les Britanniques en raison de son climat doux et de ses paysages pittoresques, renforçant ainsi l’inspiration britannique dans la région.
Le parcours initial était composé de 9 trous, mais il fut rapidement étendu à 18 trous en 1860, témoignant de la popularité croissante du club et permettant d’attirer plus de membres ainsi que d’organiser des compétitions plus importantes. Le Pau Golf Club attirait une clientèle cosmopolite composé de notables de Pau et Billère, renforçant ainsi son prestige. La reine Victoria elle-même a témoigné de l’importance de club en offrant une coupe au Pau Golf Club lors de son Diamond Jubilee, soulignant ainsi la reconnaissance royale dont bénéficiait ce lieu.
Les terrains utilisés pour le golf étaient loués à des paysans locaux, qui conservaient néanmoins des droits de pacage pour leur bétail de mai à octobre. Cela montre une intégration intéressante entre les activités agricoles traditionnelles et le développement des nouvelles pratiques sportives. Les jeunes des familles de Billère trouvaient une opportunité d’emploi en tant que porteurs de sacs pour les joueurs, une tâche qui leur a valu le titre de “caddies”. L’embauche des cadets locaux comme caddies offrait des opportunités d’emploi aux jeunes, créant ainsi une interaction économique entre les paysans et les résidents fortunés qui fréquentaient le club.
Premier golf de l’Europe continentale
A côté du golf, la plaine des sports abritait d’autres activités comme lawn tennis, le polo et le tir aux pigeons, offrant ainsi un espace dédié aux loisirs pour les résidents et visiteurs. Ces activités témoignent de l’attrait pour les divers sports de loisirs parmi les élites à Pau.
En 1877, un parcours de 9 trous fut créé spécialement pour les dames, ce qui marqua un premier pas vers une certaine égalité des sexes dans ce sport, à une époque où le parcours de 18 trous était réservé aux hommes.
En 1890, l’abri en bois qui servait jusqu’à lors de lieu de rassemblement fut remplacé par un club-house plus permanent, caractérisé par ses box windows et ses lambris peints en vert, qui existent encore aujourd’hui. Cette construction illustre le souci de créer un espace confortable et élégant pour les membres, reflétant aussi l’influence architecturale britannique sur le club. Le club-house symbolise non seulement le développement du golf en tant que sport, mais aussi l’essor du Pau Golf Club en tant qu’institution sociale et culturelle.
Le Pau Golf est non seulement le premier club golf en Europe continentale, mais aussi un témoin des changements sociaux économique de l’époque, marquant la transition d’une société rurale vers des activités de loisirs plus diversifiées et mondialisées.
“ Le golf de Pau n’est pas seulement le territoire idéal d’un pourfendeur de balles, il est mieux encore le reflet d’une époque, loin du goût pour la nostalgie, un peu de l’accent de Londres dans le patois du gave” écrivait Jacques Chancel.
La Villa les palmiers est devenue la quatrième mairie de Billère en 1969, inaugurée par le Maire de Billère Georges Hugot le 7 octobre 1969, dans la salle des mariages, devant la grande cheminée. Avant de devenir maison du peuple, la Villa Dabbadie, ou Villa des Palmiers, a connu au XIXe siècle une destinée brillante à travers son propriétaire, le Compte Gaston Bascle de Lagrèze, avocat et ancien Sous-Préfet.
La famille de Bascle avait des liens notables avec Jean Bernadotte, Maréchal d’Empire et Roi de Suède, ce qui ajoute une dimension historique significative à la villa. C’est ainsi que le roi Oscar II de Suède et de Norvège, petit-fils de Bernadotte, séjourna dans la Villa des Palmiers de son cousin, le Compte de Lagrèze en mai 1892 et mars 1899. Ces visites royales furent des événements majeurs pour Billère, reflétant son caractère cosmopolite et son attractivité auprès des personnalités de l’époque. Une plaque à l’entrée de la Mairie célèbre ces visites.
Centre d’activité culturelle intellectuelle
La Villa des Palmiers, n’était pas seulement un lieu de résidence prestigieux, mais aussi un centre d’activité culturelle et intellectuelle. L’épouse du Compte de Lagrèze, Bertille Beuveraud de la Loyère (1857-1924), a été reconnue par l’Académie Française pour ses contributions littéraires. Ecrivant sous le pseudonyme masculin de Champol, elle publia des romans tels que : ” Les Justes” en 1900 et “Sœur Alexandrine” en 1905. Ses œuvres ajoutent une richesse culturelle à l’histoire de la villa, démontrant l’influence et l’engagement intellectuel des résidents.
Le Compte Gaston Bascle de Lagrèze, en plus de ses contributions en tant qu’avocat et Sous-Préfet, jouait un rôle important dans la société locale, et sa résidence était un point de convergence pour les discussions politiques et sociales de l’époque. La transformation de cette villa en Mairie symbolise non seulement un changement fonctionnel mais aussi une continuité de son rôle central dans la vie de la communauté.
Ainsi, la Villa des Palmiers, aujourd’hui Mairie de Billère, porte une riche histoire qui relie le passé aristocratique et culturel de la région à ses fonctions modernes de gouvernance et de service public. L’héritage de ses anciens propriétaires et leurs contributions à la société et à la culture a permis d’enrichir le tissu historique de Billère.
Billère doit une part de sa renommée à Jeanne Lassansàa, épouse de Jean Lassansàa, un laboureur de la région. Jeanne fut la huitième nourrice d’Henri III de Navarre, futur Henri IV de France (1553-1610), fils d’Antoine de Bourbon et de Jeanne d’Albret. Pour exprimer sa reconnaissance, le roi accorda au couple Lassansàa la Sauvegarde du Roi, transformant ainsi leur habitation en un asile inviolable et protégeant les biens de toute réquisition militaire. La porte principale de la maison était ornée d’un emblème héraldique, en partie détruit lors de la Révolution, période où les emblèmes de la royauté devaient disparaître.
La Restauration fit de la maison une étape incontournable de tout pèlerinage henricien. En 1862, l’héritier de la duchesse, le comte de Chambord, fit donation en 1862 de la maison à Jean Lassansàa, chef de bataillon, seul survivant des vendeurs de 1824.
Lorsque l’historien Jules Michelet entreprit de rédiger le volume de son Histoire de France consacré à Henri IV, il souhaita que le lecteur y découvre : « du sang, les battements de son cœur, sa vie nerveuse et ses saillies. Michelet mettait en avant le caractère “ondoyant” de son héros, notamment à travers l’anecdote de son enfance et de ses nombreuses nourrices. Parmi ces nourrices, Jeanne Fourcade est passée à la postérité, tandis que les autres, bien que mentionnées, ne laissèrent pas un héritage aussi durable.
La coutume successorale béarnaise, l’aînesse, permit à la famille Lassansàa de traverser les siècles et de perpétuer le souvenir d’Henri IV à Billère. La publication de “La Henriade” par Voltaire, en 1728, réactiva le culte du “bon roi » et sa légende, intégrant la maison de Jeanne Fourcade dans ce patrimoine mémoriel.
Dominique Lassansàa, journalier, lointain héritier de la nourrice de Jeanne Fourcade, se fit remarquer par Louis XV, qui lui attribua quelques arpents de terre sur le Pont-long, en reconnaissance de ses liens avec Henri IV.
Les pèlerinages henriciens
Au XIXe siècle, la maison Lassansàa devint une étape incontournable des pèlerinages henriciens, notamment grâce à l’intérêt porté par la duchesse d’Angoulême. Lors de son séjour à Pau en juin 1823, elle organisa le premier de ces pèlerinages, visitant la maison avec un grand intérêt. Le Mémorial des Pyrénées relate cette visite, soulignant l’émotion de la duchesse face aux traces d’Henri IV, notamment, l’ancien foyer, les meubles rustiques et même un bâton attribué à l’enfance du roi.
Rachetée par la duchesse, la maison passa ensuite dans le domaine public. La visite de 1823, suscita la production de nombreuses de gravures qui mettaient en avant l’enfance agreste et « populaire” du premier roi Bourbon. La même année, Paris restaura la statue du Pont-Neuf et un poète publia La Petite Henriade”, exaltant l’image d’Henri IV proche du peuple.
La maison Lassansàa, désormais intégré à la légende d’Henri IV, cessa d’appartenir uniquement à l’Histoire et la légende, pour offrir à Billère, une place unique dans le patrimoine culturel et historique du pays.
Le monument aux morts de Billère rend un hommage poignant aux soldats de la commune qui ont perdu la vie pour la France, notamment durant la première guerre mondiale (1914-1918). Après ce conflit dévastateur, chaque commune française s’efforçait d’honorer ses concitoyens, soldats tombés au champ d’honneur. Il était essentiel d’apaiser le deuil des familles, de justifier leur sacrifice par un patriotisme noble et de créer un espace de recueillement commun en l’absence du rapatriement des corps des soldats, souvent restés sur le champ de bataille.
Ce monument sauvegarde aussi le souvenir des « Morts pour la France » des conflits postérieurs. Inauguré le 22 août 1920, le monument de Billère prend la forme d’un obélisque, un choix symbolique et esthétique. Ce monument est orné d’une palme, symbole de gloire et de bravoure, surmontée d’une croix de guerre. Le laurier et le chêne, motif en bronze qui l’accompagnent, représentent respectivement la victoire et la force. Une particularité de ce monument est l’usage d’un motif inspiré de la croix de guerre pour contourner l’interdiction des symboles religieux en place publique, une mesure visant à séparer les hommages républicains des hommages paroissiaux.
L’année 1919 marque la signature du traité de Versailles et le retour des régiments. A proximité du monument, l’église Saint-Laurent, abrite un bas-relief réalisé par le sculpteur Henri Poublan (1871-1931), originaire de Pau. Ce bas-relief porte les noms des morts de la paroisse et intègre des références à la violence des combats et à la victoire. Henri Poublan fut affecté au 18e Régiment d’Infanterie a participé à la Première Guerre Mondiale. Après la guerre, il s’est consacré à la création de Monuments aux Morts et plusieurs de ses sculptures furent proposées aux communes à travers le catalogue de la Société anonyme des fonderies et ateliers de construction du Val d’Osne (Paris). Ces sculptures, produites en plusieurs exemplaires en fonte et en bronze, sont des témoignages durables de la mémoire collective.
Le monument aux Morts de Billère, à travers ses symboles et son histoire, incarne le respect et la reconnaissance de la commune envers ceux qui ont donné leur vie pour la liberté et la paix. Ce lieu de mémoire continue de jouer un rôle central dans les commémorations locales, rappelant à chaque génération le prix de la liberté et l’importance de la mémoire collective.
La place où se trouve ce monument porte désormais le nom du colonel Achille Muller, ancien parachutiste SAS, de la France Libre, Grand-Croix de la Légion d’Honneur et citoyens billérois depuis 1971.
L’Église Saint-Laurent, construite en galets du gave et couverte en ardoises est un édifice historique dont les origines remontent au XIIIe siècle. A l’origine, elle ne comportait que la nef centrale actuelle et son bas-côté droit.
Aujourd’hui, l’église abrite six pierres tombales des nobles de Billère, notamment des Seigneurs de Castera et Seigneur de Soucagnon, ainsi que celle du curé de la paroisse au XVIIIe siècle, Jean Casassus. Le vitrail central du chœur illustrant un passage de l’Apocalypse de Jean (3,20), est un don des Misses Hutton, en hommage à leur fidèle serviteur Jean Caubarrère. Le sculpteur Ernest Gabard a signé le bas-relief dédié à Joseph Barron (1872-1947), époux de Jeanie Hutton.
Le cimetière attenant à l’église Saint-Laurent conserve les sépultures des familles cosmopolites qui ont marqué le XIXe siècle à Billère telle que Hutton, Platt, Baron d’Este, Forster…Certaines tombes sont ornées de stèles discoïdales ou de croix celtes, témoignant les origines des défunts.
Premier lieu culte de Billère
L’église Saint-Laurent, édifiée sur le coteau qui domine Billère, fut le premier et unique lieu de culte de cette communauté, rattachée au diocèse de Lescar et dédiée à ce saint martyre brûlé sur le gril en 258. La construction initiale date probablement du XIIIème siècle, à une époque où Billère n’était encore qu’un village rural de soixante habitants. Conçus selon un plan roman, elle comportait une seule nef terminée en hémicycle, qui est à l’origine de la nef centrale actuelle, ainsi qu’une sacristie et un grand porche d’entrée au sud, ouvert sur le cimetière d’origine, situé à l’emplacement de l’actuel presbytère. Comme dans de nombreuses églises rurales béarnaises, la façade occidentale présentait un mur-clocher sans ouverture.
Le premier cimetière, situé au sud de l’église le long du chemin allant de Caplane au village, occupait à peu près l’emplacement actuel du presbytère. A la fin du XVIIème siècle, ce cimetière fut abandonné au profit d’un nouvel emplacement au nord de l’église, qui fut progressivement agrandi. De minces vestiges de l’ancien cimetière furent découverts en 1857 lors de la restauration du clocher-porche.
L’architecture de l’église Saint-Laurent ne se rattache à aucun style particulier, à l’exception du clocher-porche, caractéristique de la seconde moitié du XIXème siècle. Au cours de la première moitié du XIXème siècle, de nombreux travaux de réfection furent entrepris sans modifier l’apparence de l’édifice. Toutefois, des modifications plus significatives eurent lieu par la suite.
Aujourd’hui, en entrant dans l’église, notre regard est immédiatement porté par le magnifique vitrail de chœur, illustrant un passage de l’Apocalypse de Jean où Jésus est vêtu d’un manteau rouge sur sa tunique blanche. Saint Laurent, à travers son histoire et ses trésors artistiques, reste un témoignage précieux du patrimoine religieux et culturel de Billère.
En 1877, Robert Thomas Forster, industriel irlandais en aciéries, acquiert une propriété à Billère, initialement une maison béarnaise, ainsi que plusieurs terres avoisinantes pour constituer un domaine de plus de 10 hectares. La maison, édifiée au début du XIXe siècle, se situe sur l’emplacement d’une grange appartenant au Sieur Caplane, descendant des Domenger de Soucagnon, une famille noble de Billère. C’est dans cette grange que fut fondue en 1783 la grande cloche de l’église Saint-Laurent.
Arrivé à Pau en 1866, Thomas Forster entreprend de nombreux travaux pour transformer la maison et lui donner un caractère typiquement irlandais, à quelques pas du golf de Billère qu’il fréquentait. Il fait construire, près de la villa Caplane, une maison pour ses enfants, la villa Maryland et en 1880 pour Mr Beerners, Capitaine de Frégate, la villa Les Tours. Robert Thomas Forster se consacre à la construction de villas pour ses compatriotes, favorisant ainsi l’implantation anglaise à Billère, soutenue par l’arrivée du chemin de fer et la création de la gare provisoire de Billère (1863-1867), située à quelques dizaines de mètres du golf puis celle de Pau, définitive en 1867.
Tel un manoir irlandais
La villa Caplane est unique en son genre. Elle est l’une des plus anciennes villas construites par un « hivernant ». Son style rappelle irrésistiblement un manoir irlandais, bien qu’il s’agisse à l’origine d’une maison béarnaise importante, avec un toit d’ardoises élevé, dont les bords se relèvent en « coyau ». Thomas Forster a ajouté des petites tourelles hérissant le toit, en lieu et place des lucarnes à toit arrondi typiques de la campagne béarnaise. Deux de ces tourelles situées en façade et sur le côté, sont plus importantes et ornées de fenêtres à vitraux sur le pourtour. Des baies vitrées à petits carreaux et boiseries sombres sur la façade complètent cet ensemble, conçu par Forster pour lui rappeler son pays natal.
Un très beau parc entourait la maison avec des écuries et diverses dépendances permettant de subvenir aux besoins de toute la maisonnée : maîtres, domestiques, chevaux et chiens. Aujourd’hui, il reste une jolie maison de gardiens simple et rustique nichée contre la grande demeure. Bien que le parc ait été loti et la maison vendue par appartements, son aspect pittoresque demeure intact.
La villa Caplane se distingue par son charme et son caractère exceptionnel. Elle continue à captiver par son architecture unique et son passé riche. C’est un véritable joyau du patrimoine de la ville, offrant un regard nostalgique sur une époque où l’influence irlandaise et britannique marquait profondément la région.
Né à Dunstable en Angleterre, Mr John Jarvis (1842-1924), après avoir été chirurgien volontaire pour la Croix Rouge Internationale en Allemagne et en France pendant la guerre de 1870, s’installe à Pau en 1871. Pharmacien en France et en Angleterre, il fonde en 1872 la Pharmacie universelle, 20 rue Serviez à Pau, à l’angle de la rue Sir Alexander Taylor. Il devient ainsi le seul sujet anglais diplômé exerçant la profession de pharmacien dans le sud-ouest. Vers 1890, il acquiert un terrain situé au n°22 de l’avenue du Baron Séguier à Billère. La villa qu’il y fait édifier prend le nom de Saint-Georges.
Au fil du temps, la villa Saint-Georges est transformée en maison de repos, tenue par des religieuses, la villa est à présent connue sous le nom de Sainte-Odile.
Rattaché à cette villa, la clinique Sainte-Odile, perchée sur les hauteurs de Billère, a été rachetée par l’association Habitat et Humanisme, initialement destinée à loger des personnes en grande précarité, la clinique a accueilli en 2022 des réfugiés ukrainiens, fuyant la guerre offrant ainsi un hébergement temporairement et servant de “sas urgence”.
Ce geste solidaire a permis à de nombreuses familles de trouver un refuge sûr en période de crise, illustrant l’engagement continu de Billère envers les personnes dans le besoin.
En somme, la villa Saint-Odile à Billère, représente non seulement un morceau d’histoire locale, mais aussi un acteur dynamique dans la promotion du bien-être social et de la solidarité, renforçant ainsi l’identité communautaire et le sens civique des billérois.
La villa Inisfail, située à Billère est un lieu d’importance historique littéraire. De 1870 à 1877, cette maison fut le foyer d’enfance du poète Paul-Jean Toulet, né à Pau en 1867 et décédé à Guéthary en 1920. La villa, avec sa construction simple et sa tour ronde coiffée d’un toit pointu est représentative de l’architecture locale de l’époque et a contribué à forger l’imagination du jeune poète.
Paul-Jean Toulet est reconnu comme l’un des poètes les plus incisifs et concis de la littérature française. Bien que peu connu du grand public, il a toujours suscité une profonde admiration parmi les élites littéraires, tant en France qu’à l’étranger. Des figures telles que le président Georges Pompidou, les académiciens Jean Dutourd et Jean d’Ormesson, ainsi que des auteurs internationaux comme l’Argentin Jorge Luis Borges et le libanais Salah Stétié, ont salué la “perfection” de son écriture.
Lettre à soi-même
La villa Inisfail a également une place particulière dans la prose poétique de Toulet. Les souvenirs de son enfance à Billère ont inspiré certains de ses écrits les plus célèbres, notamment sa lettre à soi-même du 4 avril 1904. Dans cette lettre, Toulet décrit avec une émotion poignante ses matinées d’enfance, la route de la villa à l’école des Dominicaines à Pau et les impressions vivaces de la nature et des sensations qui l’entouraient.
Il évoque le brouillard du matin suspendu entre lui et les montagnes, les fleurs baignées de rosée et le chant des clairons montant des casernes Ces éléments décrivent un paysage empreint de nostalgie et de beauté, qui nourrissait son jeune esprit sensuel et nostalgique. La villa Inisfail, avec son cadre bucolique, a donc joué un rôle crucial dans le développement de l’œuvre Toulet, en fournissant un environnement riche en inspirations.
La villa Inisfail est un véritable trésor pour la ville de Billère, un lieu où l’héritage littéraire de Paul-Jean Toulet continue de résonner. En préservant et en célébrant ce patrimoine, la communauté honore non seulement un poète de grande envergure, mais aussi une part essentielle de son histoire culturelle.
La villa Béatrix, située à Billère est un monument de l’architecture du XIXe siècle qui continue d’impressionner par son élégance et son histoire. Orientée plein sud avec une vue imprenable sur les Pyrénées, avec son plan en H et son allure de palais italien est une œuvre magistrale commandée en 1895 par Jules Leopold, un banquier au parcours remarquable. Conçue par Jean-Louis Pascal, un architecte de renom et Grand Prix de Rome en 1866, cette villa témoigne de luxe et de raffinement de l’époque.
Jean-Louis Pascal, connu par son implication dans de nombreux projets prestigieux comme la Bibliothèque nationale de France, a également réalisé la faculté de médecine et de pharmacie à Bordeaux. Sa lettre à Charles Garnier en 1895 révèle l’importance accordée à la décoration florale de la villa, notamment l’utilisation du motif de la marguerite, qui orne les façades, les ferronneries et les intérieurs.
Ce choix floral pourrait être un hommage de Jules Leopold Renouard à son épouse, Marguerite de la Motte.
Un confort Moderne et luxueux
La villa Beatrix était dotée des commodités les plus modernes de l’époque. Jules Leopold Renouard avait financé la canalisation de l’eau depuis la route de Bordeaux, un tronçon de près d’un kilomètre, en échange de six ans d’approvisionnement gratuit en eau. La villa, avec ses nombreuses cheminées et son système de redistribution de l’air chaud, offrait un confort exceptionnel. Les intérieurs richement décorés, avec leurs miroirs, rosaces et parquets en point de Hongrie, reflètent le goût pour l’opulence et le détail.
En 1923, les héritiers de Renouard ont vendu la villa à Sydney Platt, un producteur de whisky irlandais. Un an plus tard, la villa accueillait un lunch de plus de 100 couverts pour le mariage de sa fille, illustrant ainsi sa capacité d’accueil et sa grandeur. En 1970, la villa, comprenant 30 pièces, 8 salles de bain et diverses dépendances, a été mise en vente aux prix de 2 500 000 francs. En 1975, l’URSSAF y a installé ses services, perpétuant ainsi le cycle de transformation et d’utilisation de cette magnifique résidence.
La ville Beatrix, avec son architecture ostentatoire et virtuose, ses balcons et fonte ornée et son décor intérieur riches en stucs et porcelaine, reste un témoignage vivant de l’histoire et du patrimoine de Billère. Son passé prestigieux et sa préservation actuelle en font un trésor architectural à découvrir et à célébrer.
La villa Bilhère, également connue sous les noms de villa Power, villa Hutton, est un joyau patrimonial de la ville de Billère. Cette résidence historique a traversé trois générations au sein de la même famille, de 1857 à 1949. En 1847, Richard Lalor Power, le gentilhomme irlandais et maître d’équipage de chasse au renard du Pau-Hunt, a acquis l’ancienne ferme Soulé-Bodinier, situé sur un vaste terrain de 13 hectares. Il a transformé ce lieu en construisant la villa Power ainsi que des écuries pour les nombreux chevaux de course et de chasse de cette famille. De 1857 à 1864, les chenils du Pau-Hunt ont été installés, marquant une période cruciale dans le développement du drag hunting qui a contribué à la renommée internationale de Pau en tant que « ville des Sports ».
En 1867, Benjamin Hutton, négociant le new yorkais et beau-frère de Richard Lalor Power, a acheté la propriété pour y installer son fils Charles Gordon Hutton, sa femme Henrietta McCarty et leurs trois enfants. La villa a été transformé par Charles et Henrietta, qui ont ajouté six bow windows, une pièce de réception au rez-de-chaussée et une terrasse surplombant les Pyrénées. Cette famille, passionnée d’équitation, a vu ses filles, Jeanie et Annie, devenir des cavalières intrépides surnommées les “vestales du Pau-Hunt ».
Un centre de la vie sociale et sportive
La villa Bilhère a été le lieu de nombreux événements sociaux, notamment le dîner annuel de l’ouverture de la chasse au renard, l’Opening Day, une tradition qui a perduré jusqu’au décès de Jeanie en 1926. Son mari, Joseph Barron, connu sous le surnom de « Pito » a été le président du Pau-Hunt puis du Cercle anglais. Après la mort d’Annie en 1949, la propriété a été héritée par deux cousins londoniens, les frères Steele, avant d’être vendue.
La villa Bilhère témoigne de son riche passé historique et de son élégance architecturale. Elle illustre également l’influence cosmopolite et la passion pour les sports de la haute société de l’époque. Cette résidence continue d’incarner le charme et l’histoire de la région, offrant aux visiteurs et aux résidents un aperçu précieux de la vie aristocratique du XIXe siècle.
La villa Harat Etchéa, située à Billère, a été la résidence d’Henri, vicomte de Vaufreland (1873-1957), dont le père fut Préfet des Basses-Pyrénées. Après avoir démissionné de l’armée de 1902, Henri s’installe à Pau où il devient écrivain et peintre. Il est surtout connu pour avoir pendant 20 ans été secrétaire du Pau Hunt et pendant 5 ans président du Cercle Anglais. Ses “Chroniques de la vie mondaine des Basses-Pyrénées” retracent la vie de l’élite de Pau, ville cosmopolite et mentionnent souvent sa propriété, Harat Etchéa, où il emménage à Noël 1919.
La villa construite au début du XXe siècle, reflète l’architecture de son époque avec un service au niveau inférieur, des pièces de réception au rez-de-chaussée, des chambres principales au premier étage et des chambres pour les invités et le personnel aux étages supérieurs. Le nom de “Harat Etchéa” signifie en basque “la dernière maison de la route”, une appellation choisie par le vicomte et sa femme pour marquer leur souhait de finir leur carrière sportive dans cette demeure. La villa, bien qu’ayant une apparence simple, était entourée de rosiers, de glycines et offrait une vue dégagée jusqu’au Pyrénées.
En 1979, la Ville de Billère achète Harat Etchéa à l’association Centre social familial et ménager de Béarn et Gasgogne pour y installer les services communaux sociaux. Aujourd’hui, ce lieu abrite le Centre Communal d’action Sociale, continuant ainsi à servir la communauté tout en préservant un morceau important de l’histoire locale. Harat Etchéa est non seulement un témoignage de l’héritage architecturale de la région, mais aussi un symbole de la vie culturelle et sociale de Billère à travers les siècles.
Situé à l’emplacement de la seigneurie de Billère, mentionnée dans un dénombrement de 1538, le château fut embelli par Mme d’Assat, qui le fit couvrir d’une charpente et d’ardoises. Ce lieu rayonna avec le couple formé d’Alice Drake, héritière du domaine de son grand-oncle Robert Glasgow et du Baron d’Este. Ce dernier, figure majeure du Pau cosmopolite, apporta des embellissements tel que le péristyle d’entrée, une tour en galets et un corps de bâtiment surmonté d’une balustrade. Le domaine s’étendait sur 30 hectares et disposait d’écuries, d’un parcours hippique avec une piste de sauts d’obstacle, d’un chenil et de bâtiments à vocation agricole.
Le Baron d’Este, master du Pau Hunt de 1896 à 1901 et président du Cercle anglais, organisait des chasses au renard et des somptueuses fêtes hippiques du Château d’Este. Ces événements attiraient les cavaliers en habit rouge du Pau Hunt et les amazones, tout en permettant de récolter des fonds pour les nécessiteux.
Urbanisation du quartier d’Este
En 2000, le château a été restauré et la Médiathèque construite par les architectes Jean-Jacques Cachau et Patrick Arotcharen. Le projet visait à créer un lien fonctionnel, spatial et visuel entre le château et la Médiathèque, dans le cadre de l’urbanisation du quartier d’Este.
Le château a été considérablement restauré au fil des siècles. En 1756, Mme d’Assat, modifie la demeure, initialement “à la mode juive”, en remplaçant la toiture voutée par une charpente et des ardoises “à la mode de France “. Au XIXe siècle, des ajouts sont réalisés : le perron est couvert, une tour en galets du Gave est construite et l’étage supérieur à l’ouest est bordé d’une balustrade de pierre pour profiter de la vue. Au XXe siècle, le Marquis de Guadalmina, modernise confortablement le château.
Depuis 2001, le Château d’Este connaît une véritable renaissance. L’architecture du Château a été préservée lors de sa réhabilitation et la Médiathèque, construite en arc de cercle en contrebas, offre une vue panoramique sur le centre-ville de Billère et la chaîne des Pyrénées.
De résidence noble à centre culturel, le château d’Este reflète l’évolution et l’esprit de la ville. La réhabilitation réussie de ce site emblématique, conjuguée à la modernité de la Médiathèque, offre aux billérois un lieu d’histoire, de culture et de promenade, tout en conservant son charme d’antan. Le château d’Este continue de rayonner, attirant aussi bien les amoureux du patrimoine que les passionnés de lecture et contribue ainsi à la vitalité et à l’identité de Billère.
En vidéo
La participation de Ligams
La PASSEM ! est une course qui se tient tous les deux ans à travers le territoire de Gascogne (Béarn, Bigorre, Landes, Bas-Adour) et qui a pour but de recueillir des fonds qui sont ensuite reversés à des projets œuvrant pour la transmission et la valorisation de la lenga nosta. L’association Ligams, qui organise cet événement, a choisi de soutenir ce projet de signalétique patrimoniale en versant une aide de 500 € à la Ville de Billère.















